18/01/2009

Mathématiques congolaises

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«... Vaudra-t-il mieux, pour certains sur cette terre, comme le panda ou le phoque, confier ses intérêts au WWF ou Greenpeace plutôt qu’à l’ONU ? ...» 

In Koli Jean Bofane

Je suis en train de lire le roman de Jean Bofane qui est publié chez Actes Sud, il a reçu le prix Jean Muno 2008.

En 2001, le Centre culturel du Brabant wallon lançait un nouveau prix littéraire, le prix Jean Muno.

http://www.arllfb.be/composition/membres/muno.html

Décerné tous les deux ans, il est financé par la Communauté française. L’originalité de ce prix est qu’il veut raviver le souvenir de l’écrivain Jean Muno, tout en valorisant la création littéraire en Communauté française.
Le jury porte son choix sur une première œuvre qu’il salue comme étant une révélation littéraire singulière et prometteuse.

Ce livre est, pour moi, l'occasion de me replonger dans la vie Congolaise en général et Kinoise, en particulier.

L'écriture me rappelle une délicieuse saveur africaine, il rend le goût et les odeurs profondes, inoubliables de ce pays.

Bien que présenté avec humour, le sujet est profond, In Koli Jean Bofane rend hommage au peuple congolais et dresse un portrait particulièrement réaliste de la vie socio-économique et politique de la République démocratique du Congo.

De plus, l'auteur, In Koli Jean Bofane est né à Mbandaka et porte, dans son nom, la même particule qu'un ami que j'ai àpprécié là-bas et qui est décédé tragiquement, Jean-Claude N' Koli...

http://bofane.wifeo.com/

 

Koil Jean Bofane010

 

Je vous livre quelques extraits...

"...Ce genre de petits commerces était le modèle de commerce qui supportait à bout de bras des dizaines de milliers de familles à travers la ville de Kinshasa. Sa raison sociale allait bien au-delà de son rôle commercial. C'était un lieu de rencontre où, hormis les fumeurs de cigarette, des gens différents se croisaient. Des discussions et des mini-forums politiques y avaient même lieu. Le Ligablo était également le cabinet psychiâtrique par excellence où l'on venait consulter inopinément...."

Où il parle de la faim:

"...Mais malgré ses faces peu avenantes et la répulsion qu'elle inspirait, on disait que des images d'elles se vendaient très cher à l'étranger. La Faim cherchait ainsi à acquérir des lettres de noblesse......"

"....En dehors de cela, elle était comme un poison qui détruit les corps, en les transformant en proies idéales pour la malaria et la bilharziose. Elle empêchait ses victimes de proliférer, en augmentant la mortalité infantile. Pour la subir, il fallait être armé psychologiquement, parce qu'elle agissait aussi par constriction du sens moral et d'autres valeurs aussi élevées...."

Où il parle de la découverte du Congo:

"...

- Savez-vous comment s’est installé le premier blanc dans ma région de Monkoto ? Devant le silence de ses interlocuteurs, le vieux continua.

- Et savez-vous pourquoi tous les missionnaires avaient tous la même apparence ? Pour nous duper ! Répondit-il lui-même. Devant son auditoire incrédule, Isemanga expliqua ce que ses pères lui avaient relaté jadis.

- La première expédition qui arriva dans cette contrée reculée de l’Equateur, petits, se composait comme d’habitude d’un explorateur ou deux, de quelques soldats, de porteurs et d’un missionnaire en avant de la colonne, portant toujours barbiche poivre et sel, longue soutane blanche, sandales en cuir, casque colonial. Evidemment, au plus profond de la forêt, ils tombèrent dans l’embuscade tendue par mes pères et mes oncles. Ceux-ci tuèrent toute la troupe de quelques flèches bien placées. Là, petits ! Insista-t-il en indiquant son flanc, sous le bras gauche, près du cœur.

- On goûta même un peu de cet animal à peau blanche qui se tenait debout. Devant le goût insipide de la viande, on oublia très vite l’incident. Des mois plus tard, une seconde expédition fut envoyée par les Blancs et connut le même sort. Mais, petits, le type avec la barbichette poivre et sel, sa longue soutane blanche, ses sandales en cuir, son casque colonial était de nouveau là. Toujours avec le même discours, les bras levés : « Mes frères, mes frères ! » On ne lui a pas laissé une deuxième chance, on lui a envoyé une deuxième flèche. Là, petits ! Montrant encore son côté gauche.

- Puis il y eut la troisième expédition. On a encore tué tout le monde, mais cette fois-ci, petits, quand le même type à la barbiche, soutane et sandales a crié les mains levées : « Mes frères, mes frères ! » Intrigués par son invincibilité, mes pères et mes oncles lui ont laissé la vie sauve pour le sommer de s’expliquer. Il leur a raconté l’histoire d’un Juif qu’il était censé représenter, qui déjà à l’époque, ressuscitait encore plus rapidement que lui. En trois jours. A partir de là, petits, on a été foutus. C’est ainsi que la colonisation s’est introduite par la duplicité et la ruse dans la région de Monkoto. Les auditeurs présents, évidemment, s’éclaffèrent...."

Commentaires

Excellent !!!! Ce doit être vraimnet intéressant..le genre de livre qui me plaît et qui en dit beaucoup sur des manières de vivre..j'en ai pris bonne note ma chère amie et merci pour le partage ...Gros bisous à toi et avec mes amitiés sincères

Écrit par : martine | 18/01/2009

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bonsoir Marinou chocolatralala.skynetblogs.be
je viens àmon tour te dire que ton blog est super interressant et très joli!!je vois que tu as été nominés aussi Bravo !! DONC Je vais de ce pas voter pour toi ; ici tu as l'adresse de mes deux blogs et je vais mettre l'adresse de celui ci sur mon blog revedilerevedelle car je l'aime bien et je viendrais souvent faire un petit tour ici !!demain je vais te mettre une recette de chez nous les ch'tis je crois qu'elle te plaira --les endives (chicons ) aux morilles
amitiés LILAS

Écrit par : lilas | 18/01/2009

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Bonjour Marinou Merci pour ton passage et ton commentaire sur mon blog.
En effet, on se demande pourquoi certaines personnes passent leur temps à emm... les autres.
A mon avis, ce sont des aigris (en plus incultes et stupides) qui imaginent être utile (ou qui veulent s'en donner l'illusion) s'ils laissent ce genre de com aux autres et tentent de se faire passer pour qq de bien en écrivant qq jolies phrases sur un peuple opprimé ou l'autre.
En fait, c'est ce genre de personne qui véhicule des propos racistes et extrémistes tout en tentant de les mettre sur le dos d'autrui.
Je viens encore de recevoir une série de commentaires, anonymes, stupides et bourrés de fautes d'orthographe... j'ai des soupçons en ce qui concerne le courageux expéditeur, mais finalement je m'en fiche et je ne dépenserais même pas d'énergie pour les effacer.
A toute chose malheur est bon puisque ça m'a permis de découvrir ton blog très intéressant, que je reviendrais voir très souvent.
Je te souhaite une très belle journée.

Écrit par : patrick | 19/01/2009

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