07/02/2009

La guerewol chez les Mbororos

Je vous ai déjà parlé des traditions des Mbororos dans mon article du 15 novembre, Munyal.

J’ai retrouvé des photos de la fête de la Guerewol, à laquelle nous avons assisté lors de la visite de Fanette et Sandro, ma fille et son compagnon, au mois d’août 2002.

 Les Peuhls Mbororos sont traditionnellement des éleveurs nomades et des marchands, dont les migrations les mènent du sud du Niger, au nord du Nigeria, dans le nord-est du Cameroun, au sud-ouest du Tchad et les régions occidentales de la République Centrafricaine.

Une fois l'an, à la fin de la saison des pluies, quand la terre est gorgée d’eau  et les pâturages assez abondants pour supporter un grand nombre de troupeaux et d’hommes, se présente l’unique occasion de se rencontrer pour ce peuple dispersé. En cette circonstance, les éleveurs nomades échangent nouvelles et ragots, se lient d’amitié. C’est aussi le temps de la séduction, la principale opportunité qu’ont  les jeunes dans l’année de s’adonner aux danses érotiques et rencontrer l’amour.

 

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Durant les six jours et les six nuits de la Guerewol, les Mbororos oublient dans l'ivresse de la fête qu'ils sont un peuple en sursis. Pendant toute l'année, les jeunes Mbororos attendent la cérémonie de la Guerewol. Cette grande fête de la pluie dure six jours et six nuits. Chaque clan familial, représenté par ses plus beaux danseurs, s'affronte dans un concours de beauté pour hommes dont le jury est constitué par les plus belles filles nubiles de la tribu. Leur beauté passe par un rictus large découvrant leur belle dentition blanche et leurs yeux doivent rester grands ouverts, laissant ainsi voir le blanc. Ce qui est étonnant, c’est cette faculté de les faire rouler, converger, effectuer d’étranges mouvements allant du ciel vers la terre, largement aidés par la bendore, une puissante drogue hallucinogène. Au terme de cette danse, les couples se forment.

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 Les danseurs confectionnent eux-mêmes leur tenue. Ils passent un pagne de femme ou, plus récemment les robes de femmes venant des surplus d’Europe. Dans le dos pend une chaîne ou un ruban, le barbol. Ils arborent leurs colliers de perles et de coquillages, leurs amulettes.Ainsi, ces rudes pasteurs sont poussés par le culte de leur beauté à féminiser leur aspect. Les femmes n'échappent pas à cet élan narcissique. Les jeunes filles, parées d'innombrables bracelets, se préparent aux rites de la séduction. Après la danse, elles choisiront celui qui, pour une nuit ou pour la vie, partagera sa couche.

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En plus des parures élaborées dont elles sont revêtues, les jeunes femmes Mbororos ornent leurs jambes d'anneaux de bronze superposés et astiqués avec de la boue et du sable. Ces atours étaient, jadis, portés jusqu'au deuxième enfant. Les femmes mariées qui assistent aux cérémonies de la Guerewol font parfois preuve d'une grande liberté de choix et il leur arrive de disparaître avec un beau danseur.

Les canons de beauté sont stricts mais n'interdisent pas une certaine hardiesse dans le choix des parures, tel qu'une calebasse sur la tête ou des lunettes de soleil ultramodernes. 

 

Commentaires

"la bendore, une puissante drogue hallucinogène"

Cet usage traditionnel - mais quand même immoral - de drogue donne à certains Occidentaux une excuse pour se droguer aussi.

Écrit par : Ben | 08/02/2009

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Bonjour Marinou ! Je lis ailleurs que tu es grippée. J'espère que tu te remettras très vite, mais je t'assure qu'il faut beaucoup, beaucoup de repos et de patience ! Je commence à en sortir. Merci de tes visites et aussi de tes petits mots gentils. Remets-toi Vite !
Brig

Écrit par : Brig | 10/02/2009

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Super ces photos !!! Je trouve ça chouette de venir sur ton blog avec en plus cette musique...quand je suis au bureau..ça me donne envie de tout plaquer et de partir loin voir le monde..on s'est renseigné au salon des vacances pour les mobilhomes c'est notre rêve..dans six = pension anticipée et hop...!!
Pour le logement chez l'habitant à Fez au Maroc je n'ai aucune idée ma chère amie...je suis du genre à ne réserver que mon billet d'avion et à voir sur place où je vais loger...ça m'a déjà joué des touts mais c'est ce que j'aime faire...à toi de voir..il y a toujours des gens sympas prêts à nous accueillir...
Gros bisous et soignes toi bien surtout

Écrit par : martine | 10/02/2009

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Etonnant J'apprécie ce moment d'évasion par procuration.
Ce qui m'a étonnée, c'est ce mélange de tendances occidentales et africaines dans les tenues. Hélas, nous ayons "endommagé" les traditions et les cultures, sous prétexte d'être civilisés(?). J'attends d'autres récits avec impatience.

Écrit par : Anne | 11/02/2009

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Un reportage qui prête à réflexion ! Merci pour ce magnifique reportage ethnographique sur la coutume ancestrale des Mbororos, un beau parcours initiatique qui se transmet de génération en génération, les femmes sont splendides et couvertes de vêtement qui appelent à la joie et la fête, la fête de l'amour après la pluie, un beau rituel tellement proche de la parole perdue. Avec ce que nous vivons en Occident à propos de la crise, je les envie assurément, que faut-il pour être heureux mais ils ne sont pas conscients de leur bonheur authentique! Très instructif reportage, je ne suis jamais déçu sur tes informations sur l'Afrique, il y a tant à découvrir. Amitiés et à bientôt

Écrit par : Michel | 11/02/2009

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