10/03/2009

Sacrilège

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« Il y avait à l’origine, en moi, une fleur inconnue qui ne

fleurira jamais »

Khady

darfour07-03-09 copie

 

Le terme d’excision renvoie communément à une coupure du clitoris et des lèvres, parfois accompagnée de la suture de ces dernières laissant un trou permettant l’écoulement des règles et de l’urine. Mais ce vocable recouvre en fait des techniques et des modes opératoires différents.

Au Soudan, Anne Cloudsley  qui la décrit dit qu’en général l’excision est pratiquée entre 5 et 12 ans, avant les règles. La fillette est amenée dans une chambre où sont présentes trois personnes en plus de l’exciseuse. Une personne se tient derrière l’enfant, chargée de lui tenir la tête, de la masser (il s’agit souvent de la mère), deux autres personnes (des tantes le plus souvent) se tiennent à chaque pied de la fillette pour lui maintenir fermement les jambes. Celle-ci est allongée nue sur un lit traditionnel (angareb) fait d’un cadre de bois et de liens tressés sans matelas, les pieds coincés dans des cordages du sommier, jambes écartées. L’exciseuse coupe le clitoris, les petites lèvres et grandes lèvres et relie les deux berges soit par du catgut, soit par des épines d’acacia, puis les jambes de la fille sont liées ensemble pendant trois jours pour éviter que la cicatrice ne s’ouvre.

Quelles que soient les raisons invoquées pour mutiler des millions de jeunes filles, quelles que soient les origines de ces pratiques, il y a des siècles de cela, la mutilation des organes génitaux féminins reste, aujourd’hui, un symbole terrible de l’oppression sexuelle, sociale et économique multiforme des femmes. Les croyances et les traditions sont puissantes et les efforts pour changer ou éradiquer celles qui sont nuisibles doivent se faire avec beaucoup d’attention. Les pressions de l’Occident dans ce sens ont été parfois trop vigoureuses et insuffisamment sensibles au contexte et ont pu même être perçues comme un acte d’impérialisme culturel. Les efforts pour changer les pratiques traditionnelles nuisibles, pour être plus efficients, doivent venir de l’intérieur de la culture qui les vit, et pas seulement au travers d’associations prédatrices, elles-mêmes insuffisamment convaincues de leur discours.
Comment sortir les femmes de cet « emprisonnement » ? On ne peut baisser les bras sachant que, par ailleurs, certaines personnes conscientes de la violence ainsi faite aux femmes font face à la pression sociale en usant de stratégies individuelles.
La pratique sunnite d’« effleurement » ou la récente proposition d’un médecin Somalien d’une légère piqûre indolore peuvent-elles constituer, des alternatives, en attendant l’éradication complète de la mutilation des fillettes voire de celle des garçons ?

Barkahoum FERHATI

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J'ai terminé ce pastel samedi, signé fixé!!!!

Commentaires

Merci pour ta compréhention ! Tu as raison, c'est toujours bien gai de recevoir un petit mot.
Dis, tu t'es bien remise "au travail" là ! Génial !
Que pouvons nous lire dans ces yeux là ? Il faudra encore des années pour changer tout cela. Lente évolution peut-être dans les traditions. Ne perdons pas espoir !
Bisous Marinou.

Écrit par : Brigitte | 10/03/2009

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Leur regard est très intense... j'aimerais voir le pastel
( en vrai!! ). Il me plait!!
Bon séjour et bon rétablissement!
bises Annie

Écrit par : Annie | 11/03/2009

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merci de ton com sur ma photo dans "nos-regards" où mes pélicans au zoo ont en effet l'air triste, mais je ne crois pas qu'ils aient connus dans leur vie autre chose que cette "prison". Je découvre ton blog, très belle présentation, très beaux articles, je continue ma visite...

Écrit par : freddy | 15/03/2009

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merci d'apprécier aussi mon albatros. Je continue ma visite de ton site, archive par archive, chaque page m'intéresse. J'ai connu les côtes d'Afrique et la plupart de leurs ports, mais l'intérieur des pays m'intéresse aussi. Bonne semaine.

Écrit par : freddy | 18/03/2009

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Petite surprise .... Sur mon post du 19.3.2009
Bisous.
Comment vas-tu maintenant que le printemps est là ?

Écrit par : Brigitte | 19/03/2009

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Bonsoir. Je passe te féliciter pour la surprise que ta donner Brigitte, cela me permet en plus de découvrir ton blog que je trouve très bien.
Il me fait penser à la chanson "afrika j'ai envie de vivre ...", je reviens plus sur le nom de la chanteuse mais je sais pas pourquoi certaines chansons me donne la chair de poule, celle là en fait partie.
Encore bravo et bonne continuation, amitié.

Écrit par : Universel | 19/03/2009

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Ce double portrait est convaincant, bravo.

Écrit par : Ben | 21/03/2009

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