13/01/2010

Contours du jour qui vient, un livre un auteur...

 

 

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Leonora Miano est née en 1973, à Douala, sur la côte du Cameroun. C’est dans cette ville qu’elle passe son enfance et son adolescence, avant de s’envoler en 1991 pour la France où elle réside depuis.

C’est à l’âge de huit ans qu’elle écrit ses premières poésies. Le roman vient à l’adolescence. Miano attendra longtemps avant de proposer ses textes à des éditeurs. Le temps de posséder une écriture personnelle qui contienne son tempérament et restitue sa musique intérieure. Alors qu’elle a écrit en moyenne un roman par an depuis ses seize ans, ce n’est qu’à trente ans qu’elle songe à faire paraître ses textes, s’estimant enfin prête.


Léonora Miano a voulu qu’il y ait deux lectures possibles de ce texte très dense. Ainsi, le lecteur pourra y lire le récit d’une fillette et de sa mère, l’histoire très universelle de la complexité des rapports mère-fille, dont le motif émaille le livre, avec les couples ravagés de mères et de filles (Musango et Ewenji, Endalé et sa mère, Mme Mulonga et La Demoiselle, Ewenji et Mbambè). Mais au-delà de la déchirure de ces relations, on doit pouvoir lire également le discours qu’adresse une génération entière de jeunes, à une terre qui leur est devenue trop dure, et qui ne sait quel avenir leur offrir. L’auteur prône la quête de soi, l’invention de sa propre destinée par l’individu, dans un environnement où les modèles sont défaillants. L’universalité du propos réside aussi là, dans la mesure où aucune société du monde actuel ne peut faire l’économie d’une véritable interrogation sur l’avenir de sa jeunesse.


L'objectif du texte est de travailler sur la conscience de soi, sur l’idée qu’on se fait de soi-même, et qui permettra ou non de se projeter dans l’avenir. Cette Afrique désaxée qu’incarne la mère de Musango, est ce continent qui ne parvient pas à se remettre de sa rencontre avec l’autre, celui qu’elle a cru supérieur. Elle recherche constamment sa tutelle et son approbation. Les rapports de cette femme avec l’homme qu’elle présente à sa fille comme étant son père, sont, aux yeux de l’auteur, une image des relations qu’entretient l’Afrique avec ses partenaires. Elle leur apporte sur un plateau d’argent ce qu’elle possède de plus précieux : sa propre vie et celle de son enfant. Ensuite, elle se plaint d’avoir été exploitée. Plutôt que de regarder son enfant, elle cherche à déterrer les morts, comme une certaine Afrique, occupée à gémir sur le mal qui lui a été fait, pendant que l’heure tourne.

 

Commentaires

Tout semble être une histoire de tyrannie et d'exploitation.

Écrit par : Ben | 14/01/2010

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